L’Ukraine dit que la Russie masse des troupes à la frontière, les États-Unis préviennent Moscou

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L'Ukraine dit que la Russie masse des troupes à la frontière, les États-Unis préviennent Moscou


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Kiev (AFP)

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé jeudi Moscou de rassembler des troupes à la frontière de son pays alors que les États-Unis mettaient la Russie en garde contre «l’intimidation» de l’Ukraine.

Kiev est enfermée dans un conflit avec les séparatistes soutenus par la Russie depuis 2014, et cette semaine, des responsables ukrainiens ont signalé des mouvements de troupes russes dans la Crimée annexée et à la frontière, près des territoires contrôlés par les séparatistes soutenus par Moscou.

Jeudi, les ministres de Zelensky ont discuté de l’escalade de la situation sécuritaire avec les alliés occidentaux, dont le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin.

« La flexion musculaire sous la forme d’exercices militaires et d’éventuelles provocations le long de la frontière sont des jeux russes traditionnels », a déclaré Zelensky dans un communiqué.

Il a accusé Moscou de chercher à créer « une atmosphère menaçante » alors que Kiev espère reprendre un cessez-le-feu négocié l’année dernière.

Le département d’Etat américain s’est dit « absolument préoccupé par les récentes escalades des actions agressives et provocantes de la Russie dans l’est de l’Ukraine ».

« Ce à quoi nous nous opposerions, ce sont des actions agressives qui ont l’intention d’intimider, de menacer notre partenaire l’Ukraine », a déclaré à la presse le porte-parole du département d’Etat, Ned Price.

Certains observateurs disent que l’accumulation de troupes russes signalée est un test pour l’administration du président américain Joe Biden, qui a provoqué un tollé à Moscou le mois dernier en qualifiant son homologue russe Vladimir Poutine de « tueur ».

Cette semaine, Moscou et Kiev se sont mutuellement blâmés pour une montée de la violence entre les forces gouvernementales et les séparatistes soutenus par le Kremlin dans l’est de l’Ukraine, ce qui a sapé le cessez-le-feu.

Zelensky a déclaré que 20 militaires ukrainiens avaient été tués et 57 blessés depuis le début de l’année.

Par ailleurs, l’armée a annoncé qu’un soldat ukrainien avait été blessé dans une attaque imputée aux séparatistes.

– ‘Prêt pour une offensive’ –

Jeudi, le secrétaire américain à la Défense Austin a appelé son homologue ukrainien Andriy Taran, a annoncé le ministère ukrainien de la Défense.

Austin a déclaré lors de l’appel que Washington « ne laisserait pas l’Ukraine seule en cas d’escalade de l’agression russe », a déclaré le ministère.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba a pour sa part évoqué «l’aggravation par la Fédération de Russie de la situation sécuritaire» en première ligne avec son homologue canadien Marc Garneau.

Les renseignements militaires ukrainiens ont accusé la Russie de se préparer à « étendre sa présence militaire » dans les régions orientales de Donetsk et Lougansk contrôlées par les séparatistes.

Dans un communiqué, le service de renseignement a déclaré qu’il « n’exclut pas » une tentative des forces russes de pénétrer « profondément dans le territoire ukrainien ».

Un haut responsable du gouvernement ukrainien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a affirmé que l’armée russe pratiquait une «coordination militaire» avec les séparatistes.

« A partir de la mi-avril, leurs unités de combat seront prêtes pour une offensive », a déclaré le responsable à l’AFP.

– L’Occident ne devrait pas s’inquiéter –

Moscou a nié à plusieurs reprises l’envoi de troupes et d’armes pour soutenir les séparatistes et le porte-parole de Poutine a souligné jeudi que Moscou était libre de déplacer des troupes sur son territoire.

« La Fédération de Russie déplace ses forces armées sur son territoire à sa discrétion », a déclaré le porte-parole Dmitri Peskov aux journalistes, mais il n’a pas directement confirmé l’accumulation de troupes à la frontière ukrainienne.

Il a ajouté que « cela ne devrait inquiéter personne et ne constitue une menace pour personne ».

La guerre dans l’est de l’Ukraine a éclaté en 2014 lorsque la Russie a annexé la péninsule de Crimée à la suite d’un soulèvement sanglant qui a évincé le président ukrainien ami du Kremlin, Viktor Ianoukovitch.

Mercredi, le Pentagone a déclaré que les forces américaines en Europe avaient relevé leur état d’alerte suite aux « récentes escalades de l’agression russe dans l’est de l’Ukraine ».

Mark Milley, président des chefs d’état-major des États-Unis, s’est également entretenu avec ses homologues russes et ukrainiens, Valery Gerasimov et Ruslan Khomchak.

Khomchak a déclaré cette semaine que 28 000 combattants séparatistes et «plus de 2 000 instructeurs et conseillers militaires russes» sont actuellement stationnés dans l’est de l’Ukraine.

Jeudi, le chef adjoint du bureau de Zelensky, Roman Mashovets, a appelé à des exercices conjoints avec les forces de l’OTAN pour « aider à stabiliser la situation sécuritaire ».

Zelensky a été élu en 2019, promettant de mettre fin au conflit qui dure depuis des années, mais les critiques disent qu’un cessez-le-feu fragile était sa seule réalisation tangible.

Les combats ont fait plus de 13 000 morts depuis 2014, selon les Nations Unies.

acl-ant-dg-as / dl

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